Tutoriel de scenarii

« Je vais vous dévoiler en deux mots le secret de fabrication [d’un roman policier] : vous choisissez votre coupable, et vous mettant dans sa peau, vous décidez des moyens qui vous permettent le mieux de masquer sa culpabilité. Ensuite, ayant fait votre plan, vous recommencez votre exposé par le commencement en vous plaçant du point de vue du spectateur. Essayez, et vous verrez comme c’est simple. »
Agatha Christie

 

La première nécessité, pour écrire un scénario, est d’avoir une idée du type d’aventure que vous souhaitez : enquête dans une ville enfumée, avec ses bas-fonds et ses salons privés ? Un petit tour dans les bals de la noblesse et les secrets d’État ? La campagne brumeuse, son esprit de clocher et ses chiens fantômes ou la jungle suintante d’humidité, ses reliques perdues et les flèches qui volent ?

Le contexte posé, il ne vous reste qu’à suivre les conseils de Mme Christie : partez du résultat (la situation finale et le dénouement – cf. ci-dessous), et remontez le fil jusqu’à obtenir une situation initiale qui donnerait envie à des personnages de se mêler à l’histoire. Ces trois jalons principaux posés (situation initiale, situation finale et dénouement), mettez en place quelques étapes pour guider les joueurs dans la narration. Ces étapes sont des propositions d’actions physiques, intellectuelles ou autres. Elles peuvent introduire un personnage, un objet-clé… Elles sont nommées ci-dessous « actions ». Chaque action est, en quelque sorte, la mini-résolution de l’action précédente – en tout cas, sa conséquence.
N’inscrivez pas trop d’actions, et ne rentrez pas dans les détails : il faut laisser les joueurs libres d’interpréter leurs personnages et d’imaginer leur propre approche de votre scénario.

 

Ça y est, vous savez dans quel univers inviter les personnages ? Une intrigue est née dans votre esprit ? Alors c’est le moment de mettre tout cela en forme pour que la formulation de votre idée corresponde aux critères des Prémices et de la Résolution de l’aventure.

Tout scénario se présente ainsi :
1°) Situation initiale ;
2°) Actions*, associées à une ou plusieurs capacités ;
3°) Situation finale (en général, elle découle de la dernière action proposée) ;
4°) Dénouement.

Cet ensemble, auxquels s’ajoutent les points d’expérience que les personnages obtiendront en terminant l’aventure, forment la Résolution de l’aventure.
* Dans le cadre de la feuille de Résolution à donner aux joueurs, les actions sont nommées des « scènes ».

Le nombre de marqueurs, de même que les points d’expérience, dépendent du nombre d’actions proposées et de la longueur du scénario. N’en dispensez pas trop pour une aventure courte dont la résolution ne nécessite pas trop d’efforts. À l’inverse, si l’aventure dure plusieurs heures et que les personnages en bavent, donnez-leur les moyens d’agir et ensuite, récompensez-les. Nombre de marqueurs et points d’expérience doivent être inscrits sur la feuille de Résolution de l’aventure.

Mieux vaut indiquer plusieurs capacités pour résoudre une action, et terminer cette proposition de deux ou trois Capacités par des points de suspension pour signifier qu’on n’a pas pensé à tout.

 

C’est le moment de s’occuper de la fiche des Prémices de l’aventure. Elle est très simple à faire : résumez l’ambiance de votre scénario en deux ou trois phrases, que les joueurs sachent dans quel dirigeable ils vont s’embarquer (sans révéler la fin ni le dénouement, bien sûr !). Ajoutez les capacités nécessaires (celles que vous avez notées en regard des actions – le point 3 de la liste ci-dessus) et le nombre de points d’expérience que l’aventure va rapporter. Cette dernière information pourra donner une idée aux joueurs du temps qu’ils auront à investir pour jouer cette aventure. C’est pour cela aussi qu’il est important que le nombre de ces points soit corrélé au nombres d’actions et à la durée estimée de la partie.

 

Et voilà, il ne vous reste plus qu’à jouer !
Bonne aventure à vous et à vos comparses !  😉

 

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