Votre Mary Shelley (MS)

« MS » aussi pour « maître de scène » : il s’agit d’un joueur présent qui va veiller sur votre personnage durant toute la partie, en s’assurant qu’il lui arrive plein d’ennuis… Certes, voilà une conception un peu particulière de l’ange gardien, j’en conviens.
C’est lui qui s’assure que votre personnage ait son moment de gloire. Il s’applique à ce que celui-ci soit mis en valeur et puisse utiliser ses capacités. Or, pour cela, rien de tel que l’opposition, qu’il s’agisse d’adversaires (humains ou non ; une personne ou un groupe), de catastrophes naturelles – ou de catastrophes tout court –, d’une énigme à résoudre, et ainsi de suite.

Nous arrivons au bon moment pour une précision importante : vous n’êtes pas obligé d’avoir un Mary Shelley !
Si vous ne le sentez pas, n’en prenez pas. Ou encore, si vous regorgez d’idées pour votre personnage, allez-y, devenez votre propre maître de scène !

De même, il se peut que vous souhaitiez faire évoluer votre personnage dans une direction précise. Dans ce cas, mieux vaut que vous deveniez votre propre Mary Shelley le temps que la transition jusqu’à l’état désiré soit achevée.

 

Petite précision : Si vous souhaitez, dans un premier temps, vous concentrer sur le système de jeu, vous pouvez vous permettre d’introduire les Mary Shelley au bout de la deuxième ou troisième partie seulement.

 

Les avantages d’avoir un Mary Shelley :
– il apportera des idées que le joueur n’aurait pas eues seul et vivifiera les aventures du personnage d’une part d’imprévu ;
– vous pourrez vous reposer sur une autre personne, bienveillante, afin de ne pas avoir à maîtriser de A à Z les intrigues autour de votre personnage ;
– pour les personnes qui n’osent pas toujours prendre la parole en groupe, le Mary Shelley peut être une aide réelle : il est votre complice dans le jeu, qui veille à ce que votre personnage ait sa part de gloire (parce que bon, soyons honnêtes, nous voulons tous ça !) ;
– en discutant et en échangeant avec lui, vous vous placerez dans une dynamique d’émulation. C’est-à-dire, en quelque sorte, que vous ferez du ping-pong avec vos idées.

 

Avant de choisir votre Mary Shelley pour une aventure, assurez-vous que, parmi toutes les personnes présentes, chacune serait d’accord pour se voir confier cette tâche. Il se peut qu’un des joueurs de votre équipe ne soit pas à l’aise avec les thèmes prédominants de votre personnage et n’ait pas d’idées de péripéties correspondantes, ce qui serait frustrant pour vous deux. Si votre personnage est plutôt dans l’action, mieux vaudrait quelqu’un qui aura des idées de défis athlétiques ; s’il est plutôt dans les relations mondaines, alors quelqu’un au fait du « jeu de Cour ».
Un joueur ne peut être le Mary Shelley que d’un seul personnage, exception faite du sien (un joueur peut être le maître de scène du personnage d’un autre joueur et de son propre personnage, pas plus). Si votre MS ne connaît pas très bien votre personnage et son histoire, vous pouvez lui faire un petit topo, surtout s’il y a des thèmes qui vous intéressent plus que d’autres ou si vous avez des ennemis récurrents.

Avoir le même Mary Shelley sur plusieurs aventures peut être agréable et enrichissant : la personne connaît déjà l’historique de votre personnage et vos préférences en matière d’épreuves et d’oppositions. Il sait par où votre personnage est passé, ce qu’il a déjà dû affronter et pourra reprendre des éléments des anciennes intrigues.
D’ailleurs, le fait de conserver un même Mary Shelley quelque temps ouvre des possibilités assez sympas. L’une d’elles est que le joueur MS devienne un nouveau personnage à part entière, en incarnant la Némésis du héros – en accord avec le joueur créateur du personnage. Un tel tandem peut devenir une création à quatre mains et permettre au Mary Shelley d’expérimenter le rôle du « méchant ».

Je le répète, le Mary Shelley est là pour favoriser le jeu d’un personnage. Il propose des péripéties, le joueur dispose. Au tandem MS/joueur de définir la complexité de l’intrigue proposée et à quel point le MS s’implique – et implique le personnage sur lequel il veille – dans la description de l’épreuve.
Si une Némésis est créée, il est important qu’elle soit forte et badass pour donner de l’envergure au personnage par un effet de miroir. Mais le personnage principal, le « héros », reste le personnage du joueur. Le seul cas où une Némésis deviendrait aussi importante que le personnage du joueur serait que le Mary Shelley décide de l’adopter comme son propre personnage – avec l’accord libre et entier du joueur, bien évidemment !

 

Les avantages d’être un Mary Shelley :
– le plaisir de l’imagination et du « Et si… ? » ;
– la complicité qui peut se créer avec un joueur et l’enthousiasme qui naît d’une création à quatre mains ;
– il s’agit d’un exercice stimulant pour entraîner sa créativité sur un support imposé ;
– le système de points d’expérience et d’évolution des personnages récompensera votre sacrifice !

 

Avis au Mary Shelley : Attention toutefois à ne pas tomber dans la surenchère de drames et de coups durs ! Cela en deviendrait ridicule et aurait un effet à l’exact opposé de celui escompté. Évitez que dans la même demi-heure, la femme du personnage le quitte, son chihuahua meurt, qu’il se fasse attaquer par des ninjas et qu’un portail démoniaque s’ouvre dans son salon. Bref, vous voyez le genre ?